Paul Conte
“l'artiste créateur, inspiré”

"Le peintre devrait s’attacher à sa fonction originelle : faire lire"

Une fois le sujet choisi par l’artiste, il lui appartient d’en détourner à son profit les représentations traditionnelles et d’en faire admettre sa vision au spectateur.
L’interprétation personnelle du sujet impose à l’artiste – juste contrepartie – une double contrainte : d’une part, le respect d’un ensemble de normes adéquates au sujet ou d’attributs permettant son identification, et d’autre part, l’emploi et la maîtrise d’un langage aux références communes. N’en déplaise, se soumettre à cette dernière condition est également exigé du spectateur, car l’étonnement, l’émotion ou la séduction (bref, tout ce qui explique l’attrait d’une oeuvre d’art) ne peuvent véritablement naître que de cette connivence. Ce tacite entendement établi, l’artiste peut, sans trop craindre l’incompréhension mortelle, réduire le rôle du sujet à celui de prétexte, de façon à modeler à sa guise l’image qu’il désire proposer, offrir ou imposer. Quelqu’un déjà, il y a bien longtemps… (cf. laBible, Génèse 1.2).

Quoiqu’il en soit, dans un premier temps, l’image représentée – quelque soit l’importance matérielle que l’artiste décide de lui donner – est inévitablement la partie privilégiée d’un ensemble plus vaste ; un fragment adapté aux limites naturelles du champ visuel, une portion comparable, en ce point, au paysage que l’œil humain n’a pas l’aptitude de découvrir dans son entier, en un même instant. A l’intérieur de ce territoire, physiquement délimité, l’artiste peut réduire encore sa vision, c’est-à-dire agrandir telle partie, pour des raisons maintenant plus intuitives que physiologiques, débarrassées des impératifs du regard. Cette liberté d’isoler un élément, de le favoriser jusqu’à le doter d’une destinée individuelle, est toutefois assortie d’une exigence impérieuse : le morceau doit posséder suffisamment de caractères communs à l’ensemble pour permettre au spectateur une lecture cohérente du sujet ainsi séparé et ainsi décrit. 

Plus encore, il lui faut, par ses qualités évocatrices, provoquer le tissage délicat et immédiat des liens reliant ledit spectateur attentif au thème imposé par l’artiste. Eh bien, une telle contrainte n’interdit nullement la surprise et l’étonnement ; au contraire, elle contraint l’artiste (et le spectateur toujours attentif) à choisir un  point d’observation inédit, peu conforme à l’académisme. En revanche, cette condition écarte salutairement l’artiste des tentations de la photographie de détail et des collectes de tessons de l’archéologue.

Une fois tout bien pesé, l’affaire entendue, l’ordre donné, l’opération est lancée. Tout va alors vite et impeccablement : c’est une technique éprouvée et très au point dont on ne semble pas connaître de cas d’échecs. Son succès tient, pour une grande part, à la rapidité d’exécution, à l’effet de surprise. La parfaite maîtrise des phénomènes d’aérobie et des lois de la physique des explosions doit y être aussi pour quelque chose. En effet, si on ne peut y déceler rien de l’intelligence naturelle de l’oiseau ou de la réflexion du battement d’ailes, on pense plutôt à l’action d’un commando spécialisé dans le coup de main, le rapt, l’exécution sommaire, à quelque chose de militaire. La poussée verticale s’appuie sur le sol horizontal, solide et dur, le sol humain. Il faut, pour le quitter, rassembler étroitement des forces inimaginables, en savoir l’action en un endroit et en un instant précis. L’ascensionniste n’a rien de l’hydroglisseur mais tout de la fusée. C’est une apothéose violente, explosive… il planera plus tard, plus haut, une fois accueilli enfin par des personnages emblématiques, préparés à cette mission de réception. Les rares documents visuels que nous possédons (ils viennent presque essentiellement des peintres, comme un fait exprès) montrent l’hébétude puis la crainte des témoins (parmi lesquels il y a, peut-être, des complices), l’effarement puis la béatitude du protagoniste. Après l’explosion du décollage proprement dit, la montée semble se faire d’une manière plus régulière, moins brutale – n’est-ce qu’une impression due à l’éloignement ? – et cependant inexorable : un point, c’est tout… Puis, plus rien. Plus rien au sol aussi, si ce n’est, à l’endroit de l’événement, un léger tourbillon aérien que colore une si fine poussière d’or et d’argent que les particules ne se déposeront jamais à terre, au grand dam des spectateurs-témoins (complices ?), les privant ainsi de toute preuves. Reste, seule, la disparition phénoménale et peut commencer alors, pour les rescapés, le deuil extasié.

Une fois accompli, l’événement sera commémoré en grande pompe, à la mesure de son invraisemblable nature, c’est à dire avec la foule et le faste, les bruits, la musique et les couleurs que méritent le silence et le vide. “On y tient, pensez donc ! Puisqu’on vous le dit, c’était ici, à cet endroit … Voyez, il ne reste rien, c’est bien la preuve …”. 

C’est à ce lieu déserté, du moins déserté normalement, comme tous les autres lieux, rendu à la banalité commune, que la mémoire impose un retour.

L’occupation massive lui prêtera un temps l’importance qu’il eut jadis, un jour, le fameux jour. Ce jour où il devint pour un temps bref et brutal, le théâtre de l’indicible, où le surnaturel avait décidé de se donner en spectacle, de raviver l’effroi et la piété.

Pour le moment donc, ici et pas ailleurs (je l’ai précisé, le décor est souvent insignifiant), au jour dit – un anniversaire approximatif, fixé par la tradition, le bouche à oreille des siècles – on s’assemble. Et avant tout, il faut y venir. Quelques temps et la réunion des groupes solitaires forme une foule, un cortège, marchant vers le lieu, ainsi que dans les crèches. Peu à peu il rejoint d’autres cortèges, plus homogènes peut-être, ceux des corps constitués, plus habitués à la progression linéaire, à la précision horaire et dont la structure obéit aux règles de la représentation.

Si, pour ressembler à un cortège, la foule se contente d’aller dans le même sens – c’est déjà pas si mal, un cortège de fait – l’autre, cortège de droit, s’enorgueillit d’imiter la pratique militaire de l’alignement en ordre rangé, du respect de la hiérarchie et des distances, de suivre un protocole qui ménage et les grades et les effets. Alors, aux mouvements des pèlerins que seules la ferveur et la direction de la marche rendent cohérents, s’agglutinent, succèdent où se mêlent l’ordonnancement d’un défilé précédé de la parade des porte-drapeaux et du pas obstiné des souffleurs de trompe. Ceux-ci ont les joues tendues et le bras haut comme pour diriger le son plus fort et plus près de l’oreille des résidents célestes, leur rappeler en quelque sorte leur condition primitive d’humains, les sortir d’un éventuel assoupissement que favorise certainement la contemplation opiniâtre d’un seul autre. Ceux-là, les porte-drapeaux, en offrant parfois de la surface mouvante de leurs fardeaux malaisés le décor artificiel d’un rideau de scène, mettent sur l’épaule la hampe enrubannée, et la calent devant eux du contrepoids de leur avant-bras afin de trouver un équilibre confortable. (Ces drapeaux-là sont faits de tissus larges, longs qui empêtrent ceux qui les portent, en entravent quelquefois la marche, claquent au vent et obéissent à l’air jusqu’au premier obstacle qu’ils moulent avec l’impudeur et l’application d’un vêtement humide).

Enfin, il faut savoir que, la première fois, jamais le divin n’arrive où on l’attend : le lieu et, bien évidemment, les modalités de l’intervention, tout est tenu secret jusqu’au jour J ! Après on implorera son retour puis, peut-être même, on élèvera des basiliques, comme pour insister, mais ceci est une autre histoire.

Paul Conte est Né à Nice en 1947. De 1967 à 1971 participe à diverses expositions de groupe sur la Côte d’Azur : Nice, Cannes, Festival d’art contemporain UNESCO de Monaco, etc.

Principales expositions en France, et à l’étranger : Belgique, Suisse, Italie, Grèce, Roumanie, U.S.A…

Paul CONTE : le retour des Dieux et des Héros

Les peintures de Paul Conte font douter. Classicisme et modernité, ordre et mouvement, profane et sacré, sérieux et humour, ces couples sont il aussi définitivement contraires, aussi incompatibles, que les quatre éléments, la terre et l’ai, l’eau et le feu ? Nous n’en sommes plus si sûrs. Paul Conte est-il un moderne chez les Anciens ou un Ancien chez les Modernes ?
Ses tableaux sont peuplés de dieux, de héros et de saint sortis des pages d’Homère, d’Ovide, de la Bible ou de Dante..

Inutile d’enfermer sa peinture dans un genre. La réussite de Paul Conte, c’est l’harmonie des contraires qui marie l’hyperbole et la mesure, le dénuement et la luxuriance, la géométrie et la poésie, les lignes et les masses, les fondus et les contrastes, les clairs et les obscurs.

Ses toiles offrent de la liberté pur d’autre rêves, le ciel et la terre se sont vidés de leurs dieux et de leurs héros, peut être y reste-t-il quelques saints. Paul Conte en peuple ses toiles. Ils n’avaient pas totalement désertés. On disait le monde désenchanté. Il reste un enchanteur.

ALAIN GARIGOU

Paul Conte 50 ans d'Expositions

En France

À l'étranger

Paul Conte L'Hyper-artiste

Expositions thématiques

  • « Tentatives de Collection », Galerie Le Refuge, Eze : 1973
  • « Cinq effondrements », Galerie Le Refuge, Eze : 1975
  • « Six détails de la Petite Annonciation de Jacobus Spürr », Galerie l’Angle Aigu, Bruxelles, Belgique : 1979
  • « Antiquario delle statue », Modern Art Gallery, Bruxelles, Belgique : 1981
  • « Ancien et Nouveau Testament », Galerie Laure Langlois, Nice : 1988
  • « Regards actuels sur la Révolution, 1789 – 1989 », Saint-Quentin-en-Yvelines : 1989
  • « Fragments de la Vie et de la Mort d’Ajax », Galerie des Amis des Arts, Aix-en-Provence : 1992
  • « Utilités des Anges et des Archanges », Galerie des Amis des Arts, Aix-en-Provence : 1993
  • « Stati delle Anime », Institut Français de Thessalonique, Grèce : 1994
  • « Tariffa delle Puttane di Venegia », Galerie des Amis des Arts, Aix-en-Provence : 1995
  • « Diverse maniere d’adornare », Galerie les Arcenaulx, Marseille : 1995
  • « Les Sibylles : louanges et dédicaces », Galerie des Amis des Arts, Aix-en-Provence : 1996
  • « Esthétique-Esthétisme », Lycée Paul Langevin, La Seyne-sur-Mer : 1997
  • « Le sommeil léger et la mémoire longue », Abbaye Saint-Victor, Marseille : 1999
  • « Cortèges », Mairie de Marseille : 2000
  • « Cortèges et porteurs d’offrandes », Lycée Paul Langevin, La Seyne-sur-Mer : 2001
  • « L’ascension des saints, ou le deuil extasié », Meriel : 2003
  • « Des cortèges … » Galerie Menouar, Paris : 2008
  • « Etudes de personnages et autres scènes » Galerie Denise Roman, Marseille : 2008
  • « Figures imposées : exercices de mémoire » Galerie Deména, Nice : 2008/2009
  • « Mon Travail » Lycée Polyvalent Régional Beau Site, Nice : 2009
  • “Deména-décoration se meuble en Paul Conte…” Galerie Deména, Nice : 2010/2011
  • “Capture des anges et autres passe-temps…” Office de Tourisme, La Colle sur Loup : 2011
  • “Un beau métier…” Galerie Menouar, Paris : 2012
  • “…allons rejoindre le cortège…” Galerie Librairie Rabelais, Nice : 2015
  • “Dal balcone che guarda in giardino…” Espace Verdet, Saint Paul de Vence : 2017
  • “L’ascension des saints” et “Le lieu de la disparition” Cryptes de l’Abbaye Saint-Victor, Marseille : 2017
  • Modulations baroques (?) Passerelles, Espace Wilson, Nice : 2018

Décorations murales

  • 1996 : six tableaux pour la chapelle Notre Dame des Neiges et de la Paix, Peïra-Cava.

  •  2012   / 2013 : décoration picturale de la chapelle Saint Charles et Saint Claude, Saint-Paul-de-Vence.

  • 2014 : décoration picturale de l’église Notre Dame de la Mer,  Cagnes sur mer.

Illustrations, logos, affiches

  • Colloque « Norbert Elias et l’analyse politique », Paris : 1994

  • Revue des Universités du XXI° siècle : 1994

  • DEA de Politique comparée et de Sociologie politique, Université Paris X – Nanterre : 1995 – 1996 – 1997 -1998 – 1999 – 2000

  • Entretiens Franklin : « Santé publique et Société », Paris : 1996 – 1997 – 1998 – 1999 – 2000 – 2001

  • Rencontres internationales : Centenaire Norbert Elias «  La construction de l’Etat parlementaire », Paris : 1996 150° anniversaire du Suffrage Universel, Paris : 1998 

  • Couverture du « Monde de l’Education » : Mai 1999

  • Couverture de « Sud- médecine » : Janvier 2000

  • Couverture de « Sud-Médecine » : Juillet 2001

  • Couverture de « La santé dans tous ses états » Ed. Atlantica : 2000

  • Couverture de « Qu’est-ce qu’une drogue ? «  Ed. Atlantica : 2001

  • Logo de l‘ « observatoire-des-sondages.org » : 2009

  • Affiche du colloque « Critique des sondages » Le Monde diplomatique / L’observatoire des sondages.

  • Assemblée Nationale Paris : Novembre 2011

  • Couverture de “L’État-parti chinois et les multinationales” J.P Guichard Ed. L’Harmattan. Paris 2014 

  • La dernière mort de Palmyre. Alain Garrigou / Les blogs du Diplo. 2015

  • Capturedesanges.blogs pot.fr/  2015

  • Converture de “L’émergence de l’Empire russe – L’Empire byzantin jusqu’à Catherine II” J.P Guichard Ed. L’Harmattan. Paris 2

Interventions pédagogiques

  • “Esthétique-esthétisme” Lycée Paul Langevin, La Seyne sur Mer : 1997

  • “Cortèges et porteurs d’offrandes…” Lycée Paul Langevin, La Seyne sur Mer : 2001

  • “La sculpture romaine” Collège Paul Cézanne, Brignoles : 2005

  • “Cortèges…” Pôle éducatif du Parc Impérial, Nice : 2005

  • “Entrepreneurs et Artistes : rencontre sur le chemin de la création” 5eme Séminaire des dirigeants del’APPIM (Association des Partenaires pour la Promotion de l’Industrie Méditerranéenne) : 2007

  • “Mon travail…” Lycée Polyvalent Régional Beau-Site, Nice : 2009

  • Projet “Mediterraneo” : réalisation de deux peintures murales par les élèves de deux classes de 6e du Collège de L’Archet, Nice : 2

     

Conférences

  • “Le sommeil léger et la mémoire longue” : 1999
  • “Le rôle du peintre dans la société” : 2005
  • “Considérations sur le rôle du peintre dans la société contemporaine” : 2008
  • “L’image et le peintre”:  2009
  • “Le statut de l’image peinte”:  2010
  • “La vigne des Seigneurs : le sous-sol de Rome donne, dans les premières décennies du XVIe siècle, des nouvelles idées à la Renaissance…” : 2010, 2011
  • “Un beau métier”:  2011, 2012
  • “Écouter les images” avec le père A.J Astre : 2015

Bibliographie

“Le contre annuaire”, 11-13 éditions, Paris  2013

“Ina Heuer, La vie d’un village perché”, Éditions Indigo, Hofheim am Taunus  2013