Paul Conte
créer sans limite

Paul Conte : Les arts plastiques, dans toutes leurs dimensions…

Paul Conte est un véritable touche à tout  des arts plastiques, au sens noble du terme ! 
En 2 dimensions avec la peinture, l’aquarelle, le dessin et la gravure ou en 3 dimensions avec la sculpture…
Aucune de ces disciplines ne lui est étrangère avec un style teinté de classicisme et de modernité qui lui permet d’exprimer tout son art auprès de particuliers comme de grandes institutions depuis plus de cinquante ans… Valeur sûre de l’art contemporain, Paul Conte aime aller à la rencontre de son public lors d’exposition en France et à l’Etranger…

L'huile : servitude et grandeur

Le découragement qui vous submerge lorsque vous vient l’idée d’ouvrir un manuel de peinture à l’huile est indicible. Il y a peu d’apprentissages qui vous incitent avec une telle persuasion à repousser loin, très loin la pratique de leurs techniques.

Chaque auteur, ils sont légions, de toutes langues, de tous styles, de toutes époques édicte avec péremption tant de règles, brandit tant de menaces de catastrophes à qui s’aviserait de ne pas suivre la loi à la lettre, au iota près, qu’ils finissent par faire naître en vous un sentiment de crainte vite transformé en culpabilité, puis en dégoût.

Ainsi, pour peindre avec de la peinture à l’huile, il faut une forte dose de volonté, d’entêtement et imiter Ulysse qui n’écoutait personne, c’est bien connu… Ensuite, trois ou quatre rudiments élémentaires, surement plus proches de la raison que de la fine connaissance de la chimie s’imposeront vite, d’eux-mêmes, à celui qui n’a eu que faire des sirènes et de leur chant.

Enfin, c’est au dernier moment, l’ultimo momento, quand on estime n’avoir plus rien à dire et que tout ajout pourrait nuire, que survient la récompense : Ouf !  Fini…

Et chaque fois la même histoire.

L'eau : les périls de la liberté

C’est assurément en songeant aux contraintes imposées par la peinture à l’huile que l’aquarelliste éprouve un incomparable sentiment de liberté.

Ici et maintenant, et foin de l’impérieux respect des temps de séchage (différents selon les couleurs, pour tout arranger…), du nettoyage forcené et obligatoire des instruments à la fin de la séance et de tant d’autres joyeusetés salissantes et odorantes ; ici et maintenant disais-je, de l’eau pure et des gentilles petites couleurs qui ne demandent qu’à s’étaler paresseusement conduites par les soies tendres d’un pinceau aux yeux souvent bridés par un sourire charmant.

C’est trop beau pour être vrai et trop facile pour valoir quelque chose… C’est à cet instant de lucidité que le fildefériste s’aperçoit qu’on a oublié de tendre un filet en dessous… Comprenez bien qu’en cette situation, la moindre hésitation du pas, l’erreur la plus infime peut avoir des conséquences au delà même de ce que l’on imaginer ! Car c’est un temps très aventureux que celui d’un dessin…

La Sculpture : la sensualité impatiente…

Il faut tout de suite mettre les choses au point : parmi les techniques de sculpture, en haut, tout en haut, Ii y a la “taille directe“, la fameuse confrontation héroïque et brutale de l’artiste avec la pierre, d’où sont nés tant de chefs-d’œuvre formidables.

Bien en dessous, il y a le modelage, c’est-à-dire la prolongation de l’activité pâte à modeler de notre enfance. Rappelons-nous qu’il s’agissait, à partir d’une matière malléable, de figurer des petits bonshommes ou toute autre approximation. Le travail de la terre glaise (mon travail) procède de la même recette : enlever et ajouter de la matière jusqu’à la satisfaction de soi. C’est d’un toucher extraordinairement sensuel, l’argile ! Ce qui est très excitant, c’est de s’imaginer sa terre en bronze, après que le fondeur ait agit.

Vous avez bien compris qu’un coup de ciseau sur le marbre enlève définitivement de la matière. C’est irrémédiable, et si le coup est malhabile… Pour moi, c’est cela la sculpture. Et, comme beaucoup d’autres, je ne suis que modeleur, ou un peu mieux mais on n’a pas encore trouvé le nom…

Les chapelles : ailleurs…

Au crépuscule calendaire de ma (belle) vie, si on me demandait un témoignage de quelque intérêt sur ma pratique artistique, c’est de mon ouvrage pour les murs des chapelles dont je parlerais, à coup sûr.  Non pas assurément de l’œuvre, qui a peut-être des qualités – ce n’est pas à moi à en juger -, mais du sentiment dans lequel vous met ce genre mission. Car, enfin, c’est bien de cela qu’il s’agit : on vous confie une mission, c’est grave et important, une mission, et une fois acceptée, il ne faut surtout pas échouer, ne serait-ce que par amour-propre ; l’idée qu’on se fait de soi, ça compte. Oui, une mission, c’est le mot juste, on ne saurait dire mieux, je crois.

 – Je crois… Credo… Comme elle est fragile et difficultueuse la sincérité de cette affirmation, pour convaincre là-haut.

Les artistes, eux, usent de subterfuges : les pinceaux et la couleur ; la marche des cortèges et le vent dans les étoffes ; les joues tendues des anges musiciens et l’air, l’air nimbé et mouvant qui aide à l’ascension des bienheureux. Diable ! que tout cela est beau…

Et à la beauté du diable, vous y croyez, vous ?

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