Diverse manière d’adornare​

Quoiqu’il en soit, dans un premier temps, l’image représentée – quelque soit l’importance matérielle que l’artiste décide de lui donner – est inévitablement la partie privilégiée d’un ensemble plus vaste ; un fragment adapté aux limites naturelles du champ visuel, une portion comparable, en ce point, au paysage que l’œil humain n’a pas l’aptitude de découvrir dans son entier, en un même instant. A l’intérieur de ce territoire, physiquement délimité, l’artiste peut réduire encore sa vision, c’est-à-dire agrandir telle partie, pour des raisons maintenant plus intuitives que physiologiques, débarrassées des impératifs du regard. Cette liberté d’isoler un élément, de le favoriser jusqu’à le doter d’une destinée individuelle, est toutefois assortie d’une exigence impérieuse : le morceau doit posséder suffisamment de caractères communs à l’ensemble pour permettre au spectateur une lecture cohérente du sujet ainsi séparé et ainsi décrit. 

Plus encore, il lui faut, par ses qualités évocatrices, provoquer le tissage délicat et immédiat des liens reliant ledit spectateur attentif au thème imposé par l’artiste. Eh bien, une telle contrainte n’interdit nullement la surprise et l’étonnement ; au contraire, elle contraint l’artiste (et le spectateur toujours attentif) à choisir un  point d’observation inédit, peu conforme à l’académisme. En revanche, cette condition écarte salutairement l’artiste des tentations de la photographie de détail et des collectes de tessons de l’archéologue.

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